Un bilan comptable photographie la société à la date de clôture : à gauche l’actif, ce qu’elle possède, à droite le passif, ce qui la finance, les deux totaux étant égaux. Pour un exercice clos le 31 décembre 2025, une SARL approuve ses comptes au plus tard le 30 juin 2026, puis les dépose au greffe dans le mois. L’exemple ci-dessous montre un bilan de 80 000 € et ce qu’il révèle de la trésorerie.
Voici les dates qui encadrent le bilan, un exemple de bilan comptable chiffré ligne par ligne, la lecture de l’actif et du passif, ce qu’il dit de la trésorerie, puis le dépôt des comptes.
Les dates qui commandent le bilan
La date de clôture de l’exercice comptable commande tout le reste. Le bilan décrit le patrimoine de la société ce jour-là, pas la veille ni le lendemain, et chaque échéance qui suit se compte à partir de lui.
L’approbation des comptes par l’assemblée générale intervient, pour une SARL, dans les 6 mois de la clôture ; une SAS dans le délai fixé par ses statuts, 6 mois en pratique. Les comptes se déposent ensuite au greffe du tribunal de commerce dans le mois suivant l’approbation, ou dans les 2 mois en cas de dépôt en ligne.
Sans dépôt au greffe, le dirigeant s’expose à une amende de 1 500 € en 2026 et à une injonction de déposer sous un mois, souvent assortie d’une astreinte. La liasse fiscale, transmise à l’administration, suit son propre calendrier.
À quelle date clôturez-vous votre exercice ? Un exercice clos le 30 septembre décale tout le calendrier : approbation avant le 31 mars, dépôt en avril ou mai.
Un exemple de bilan, ligne par ligne
L’exemple est construit : une SARL de services, au 31 décembre 2025, présentée de façon simplifiée. L’équilibre se vérifie d’un coup d’œil : les deux totaux sont égaux.
| Actif | Montant | Passif | Montant |
|---|---|---|---|
| Immobilisations nettes (matériel 60 000 € − amortissements 18 000 €) | 42 000 € | Capital social | 10 000 € |
| Stocks | 8 000 € | Réserves | 6 000 € |
| Créances clients | 21 000 € | Résultat de l’exercice 2025 | 7 000 € |
| Disponibilités | 9 000 € | Emprunt bancaire | 30 000 € |
| Dettes fournisseurs | 14 000 € | ||
| Dettes fiscales et sociales | 13 000 € | ||
| Total actif | 80 000 € | Total passif | 80 000 € |
Le compte de résultat, autre pièce des comptes annuels, explique d’où viennent les 7 000 € de bénéfice ; le bilan, lui, montre où ils se trouvent le 31 décembre.
L’actif : ce que la société possède
En haut, les immobilisations, les biens gardés plusieurs années. Elles figurent pour leur valeur nette : le matériel acheté 60 000 € a déjà perdu 18 000 € par le jeu de la dotation aux amortissements, qui étale son coût sur sa durée d’utilisation.
En bas, l’actif circulant : les stocks, les créances clients et les disponibilités. Les 21 000 € de créances sont du chiffre d’affaires facturé mais pas encore encaissé au 31 décembre : il figure dans le résultat, mais pas sur le compte bancaire. C’est l’écart que le bilan rend visible et que le compte de résultat cache.
Le passif : ce qui la finance
Le passif liste les ressources. Les capitaux propres d’abord, 23 000 € : le capital apporté, les bénéfices passés laissés en réserves, et le résultat de l’année, en attente d’affectation par l’assemblée : dividendes, réserves ou report à nouveau. Une perte apparaîtrait ici en négatif. Les provisions pour risques, absentes de l’exemple, se placent entre capitaux propres et dettes.
Viennent ensuite les dettes : l’emprunt bancaire, à rembourser sur plusieurs années, puis les dettes fournisseurs et les dettes fiscales et sociales, à payer dans les mois qui suivent. Une facture fournisseur reçue en décembre et réglée en janvier figure ici : le délai fournisseur finance une partie de l’activité. Un découvert bancaire au 31 décembre s’inscrirait aussi au passif, en dettes auprès des établissements de crédit.
Ce que le bilan dit de la trésorerie
Trois calculs suffisent pour lire l’exemple :
- le fonds de roulement, les ressources stables moins les emplois stables : (23 000 + 30 000) − 42 000 = 11 000 € ;
- le besoin en fonds de roulement, l’argent immobilisé par l’activité : stocks et créances (29 000) moins dettes fournisseurs, fiscales et sociales (27 000) = 2 000 € ;
- la trésorerie nette, fonds de roulement moins besoin en fonds de roulement : 11 000 − 2 000 = 9 000 €, soit exactement les disponibilités.
Le bilan tient, et c’est ce que regarde une banque avant un prêt : les ressources durables financent les immobilisations et laissent une marge. Si le délai client doublait, les créances doubleraient aussi, le besoin en fonds de roulement grimperait et la trésorerie fondrait, sans que le résultat change d’un euro.
Déposer les comptes, et rester discret
Après l’approbation, le bilan, le compte de résultat et l’annexe se déposent au greffe, en ligne par le guichet des formalités des entreprises. Une micro-entreprise, qui remplit deux des trois critères suivants, bilan d’au plus 450 000 €, chiffre d’affaires d’au plus 900 000 €, dix salariés au plus, peut joindre une déclaration de confidentialité pour que ses comptes ne soient pas publiés.
La confidentialité masque les chiffres au public, pas aux tribunaux ni à l’administration. Un bilan dont les capitaux propres passent sous zéro appelle d’autres démarches, détaillées pour un bilan aux capitaux propres négatifs.
Avant la clôture prochaine
Notez la date d’approbation et la date limite de dépôt dès la clôture, et regardez les créances clients avant le résultat : c’est là que se lit l’écart entre ce qui est facturé et ce qui est encaissé. Pour l’établissement des comptes eux-mêmes, l’expert-comptable reste l’interlocuteur.
Sources
- Justice.fr, « Dépôt des comptes annuels d’une société », mis à jour le 11 juin 2025
- Ministère de l’Économie, Facileco, « Le bilan »