Le WACC, ou coût moyen pondéré du capital, repose sur trois taux. Deux se datent et se sourcent : 3,86 % pour les crédits nouveaux jusqu’à un million d’euros en juillet 2026, et un taux d’impôt sur les sociétés de 25 %. Le troisième, le coût des fonds propres, n’est publié nulle part : c’est une hypothèse à poser.
La date d’un taux commande le calcul : le coût du crédit publié chaque mois par la Banque de France bouge, et le WACC calculé en juillet n’est plus celui de décembre.
La formule, avec ses trois entrées
Les guides de méthode donnent la même écriture : WACC = (fonds propres / total) × coût des fonds propres + (dette / total) × coût de la dette × (1 − taux d’impôt). Le total est la somme des fonds propres et de la dette. Le résultat sert de taux d’actualisation, c’est-à-dire de taux qui ramène à aujourd’hui des flux futurs, et de seuil de rentabilité minimale pour un investissement : s’il rapporte moins, il détruit de la valeur, selon ces mêmes guides.
Le coût de la dette : un chiffre daté
Pour une PME, le coût de la dette se lit sur les statistiques mensuelles de la banque centrale, dont la publication de septembre 2026 donne le coût annuel des nouveaux financements aux sociétés non financières :
| En % par an | Juillet 2025 | Mai 2026 | Juin 2026 | Juillet 2026 |
|---|---|---|---|---|
| Financement global | 3,47 | 3,56 | 3,64 | 3,76 |
| Crédits jusqu’à 1 million d’euros | 3,73 | 3,78 | 3,84 | 3,86 |
| Crédits de plus de 1 million d’euros | 3,50 | 3,40 | 3,61 | 3,70 |
Le chiffre de juillet 2026 est provisoire et celui de juin a été révisé. La moyenne des nouveaux crédits n’est pas le taux que votre banque vous consent : c’est le repère le plus proche d’une source publique, à remplacer par le taux de votre propre offre de prêt, frais de dossier compris.
L’impôt : 25 %, avec une tranche à 15 %
L’article 219 du code général des impôts fixe le taux normal de l’impôt sur les sociétés à 25 %. Le taux de 15 % s’applique dans la limite de 42 500 € de bénéfice imposable par période de douze mois, pour les sociétés dont le chiffre d’affaires n’excède pas 10 millions d’euros et dont le capital est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. Le code ne dit pas quel taux retenir dans la formule : l’exemple ci-dessous prend le taux normal de 25 %. À quelle date clôturez-vous votre exercice ? Elle fixe la période de douze mois sur laquelle s’apprécie le plafond.
Les fonds propres : une hypothèse à poser
Le coût des fonds propres ne figure ni dans les statistiques de la banque centrale ni dans le code des impôts. Les guides le calculent avec le modèle d’évaluation des actifs financiers, le MEDAF : un taux sans risque, généralement celui des obligations d’État à dix ans, plus un bêta multiplié par une prime de risque.
Une vidéo de 2022 d’un institut de finance d’entreprise précise que le bêta des sociétés cotées se trouve en ligne, et explique le coût de la dette comme le taux moyen des dettes multiplié par un moins le taux d’impôt. Elle ne dit pas comment procéder pour une société non cotée, qui n’a pas de bêta publié : le coût des fonds propres y reste un taux à fixer avec votre expert-comptable.
Un exemple construit
Hypothèses de l’exemple, qui ne sont pas des données : une société à l’impôt sur les sociétés financée à 60 % par des fonds propres et à 40 % par de la dette, un coût des fonds propres supposé de 12 %, une dette à 3,86 % (le repère de juillet 2026) et un taux d’impôt de 25 %.
Le calcul donne 0,60 × 12 % = 7,20 % pour les fonds propres, et 0,40 × 3,86 % × (1 − 0,25) = 1,16 % pour la dette après impôt. Le WACC de l’exemple est donc d’environ 8,36 %. Un projet dont le rendement attendu serait de 7 % ne couvrirait pas ce coût, d’après la lecture des guides. Si le coût des fonds propres supposé passe de 12 % à 10 %, le résultat tombe à environ 7,16 % : c’est cette hypothèse, et non la dette, qui fait varier la conclusion.
Cet article décrit une méthode et des taux datés, il ne remplace pas l’avis de votre expert-comptable. Les taux cités sont ceux de juillet 2026 et seront révisés ; le coût des fonds propres de l’exemple est une hypothèse, non une donnée.
Sources
- Banque de France, « Financing of entreprises », publication du 9 septembre 2026, coût des nouveaux financements aux sociétés non financières
- Code général des impôts, article 219, version en vigueur à l’automne 2026
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