Tableau de financement : qui doit l'établir, dans quels délais, et ce qu'il montre

Tableau de financement : qui doit l’établir, dans quels délais, et ce qu’il montre

16/10/2026
Tableau de financement : qui doit l’établir, dans quels délais, et ce qu’il montre
16/10/2026

En bref

Le tableau de financement s’établit dans les quatre mois qui suivent la clôture de l’exercice. Il est obligatoire dès 300 salariés ou 18 millions d’euros de chiffre d’affaires net ; pour une PME en dessous, c’est un outil d’analyse financière. Il explique comment les ressources stables ont financé les emplois stables, puis l’effet sur le BFR et la trésorerie.

Qui doit l’établir et quand, la première partie, la seconde, un exemple chiffré, puis ce qu’il faut vérifier avant de le présenter.

Deux bilans imprimés côte à côte sur un bureau avec une calculatrice

Qui doit l’établir, et quand

Le code de commerce (article L232-2) impose aux dirigeants de certaines sociétés commerciales ce document, établi en même temps que le bilan annuel. L’article R232-2, dans sa version en vigueur depuis le 9 février 2020, fixe les seuils, appréciés à la clôture de l’exercice : 300 salariés ou plus, ou un chiffre d’affaires net d’au moins 18 000 000 €.

Les salariés comptés sont les salariés permanents de la société et de ses filiales détenues à plus de la moitié du capital, l’effectif étant calculé selon les règles communes du code de commerce (article D210-21).

L’article R232-3 fixe la date : le document s’établit dans les quatre mois qui suivent la clôture de l’exercice écoulé. Les mêmes sociétés doivent aussi produire un plan de financement prévisionnel et un compte de résultat prévisionnel au plus tard à la fin du quatrième mois de l’exercice en cours ; c’est l’objet de construire un plan de financement qui tient.

Une société sort de l’obligation lorsqu’elle ne remplit aucune des deux conditions pendant deux exercices successifs. En dessous des seuils, aucun texte ne l’impose à une société commerciale, mais une banque peut le demander pour juger d’une demande de crédit.

La première partie : emplois et ressources stables

Aussi appelé tableau des emplois et des ressources, il explique les variations des postes du haut de bilan d’un exercice à l’autre, investissements compris. Il demande donc deux bilans, celui de l’exercice et le bilan N-1, et les tableaux de l’annexe sur les immobilisations, les amortissements et les provisions. Le bilan d’une petite société, détaillé dans un exemple de bilan de SARL chiffré, fournit ces lignes.

Tableau à deux colonnes dessiné à la main sur une feuille
Emplois stablesRessources stables
Dividendes mis en paiement dans l’exerciceCapacité d’autofinancement (CAF)
Acquisitions d’immobilisationsCessions d’immobilisations
Réduction des capitaux propresAugmentation des capitaux propres, dont augmentation de capital
Remboursements d’empruntsNouvelles dettes financières

La capacité d’autofinancement, l’argent que l’activité dégage pour financer l’entreprise, se calcule par la méthode additive : résultat net, plus dotations aux amortissements, dépréciations et provisions, moins reprises, plus valeur comptable des actifs cédés, moins prix de cession. La différence entre ressources et emplois donne la variation du fonds de roulement net global, le FRNG.

La seconde partie : BFR et trésorerie

La seconde partie part de cette variation du FRNG et la répartit. Une partie va au besoin en fonds de roulement, l’argent immobilisé entre le moment où vous payez vos fournisseurs et celui où vos clients vous paient ; le reste fait varier la trésorerie nette. Un fonds de roulement qui baisse alors que le BFR augmente se traduit par une trésorerie qui baisse.

C’est l’écart entre facturé et encaissé qui s’y voit : un chiffre d’affaires en hausse avec des délais clients qui s’allongent gonfle le BFR. Le suivi mois par mois relève ensuite de faire parler le plan de trésorerie.

Un exemple chiffré

Exemple construit, aux montants arrondis : une société dégage une CAF de 50 000 €, emprunte 40 000 €, achète une machine pour 80 000 € et rembourse 20 000 € d’emprunts anciens. Les ressources stables font 90 000 €, les emplois stables 100 000 €. Le FRNG baisse de 10 000 € : les ressources stables n’ont pas suffi, et ces 10 000 € pèsent sur la trésorerie si le BFR ne baisse pas d’autant ; s’il augmente, la trésorerie baisse de plus de 10 000 €.

Avant de le présenter

  • vérifier la date de clôture et compter quatre mois pour l’établir si la société dépasse un seuil ;
  • recalculer la CAF à partir du résultat, pas à partir de la trésorerie ;
  • vérifier que la variation du FRNG égale celle du BFR plus celle de la trésorerie ;
  • expliquer chaque grosse acquisition ou chaque nouvel emprunt en une ligne pour le lecteur, banquier ou associé, et faire relire par l’expert-comptable.

Sources

  • Code de commerce, article L232-2
  • Code de commerce, articles R232-2 (version en vigueur depuis le 9 février 2020) et R232-3
  • Compta-Online, « Tableau de financement : comment le construire ? »

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Rédigé par
La rédaction de FinancePreneur
La rédaction de FinancePreneur lit les textes qui font foi en finance d'entreprise : Légifrance, Bofip, URSSAF, service-public.fr et les calendriers publiés par les administrations. Elle vérifie chaque date, chaque taux et chaque seuil à sa source avant de l'écrire, et cite ses sources principales en fin d'article. Dès qu'un cas devient particulier, elle renvoie à l'expert-comptable ou au conseil du lecteur.

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