L’impôt sur les sociétés est le même : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà. L’écart se paie à l’assemblée qui vote les dividendes. En SAS, prélèvement forfaitaire de 31,4 % en 2026, versé le mois suivant. En SARL, le gérant majoritaire paie en plus des cotisations sur la part au-delà de 10 % du capital et du compte courant, l’année suivante.
SARL et SAS comparées par la date qui révèle leur écart : le tableau des différences, le statut du dirigeant, les dividendes, l’entrée et la sortie des associés, puis le choix.
La date où l’écart apparaît : l’approbation des comptes
Dans les 6 mois qui suivent la clôture de l’exercice, les associés approuvent les comptes et décident de l’affectation du résultat (code de commerce, article L223-26 pour la SARL). Pour un exercice clos le 31 décembre, l’assemblée se tient au plus tard le 30 juin. C’est à cette date que la forme de la société change ce qui arrive sur le compte personnel du dirigeant.
Jusque-là, rien ne distingue les deux sociétés devant le fisc. Le bénéfice supporte l’impôt sur les sociétés au taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 €, puis au taux normal de 25 %, si le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 000 000 € et que le capital est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques, selon la fiche officielle de l’administration, à jour en 2026.
Les deux formes peuvent aussi opter pour l’impôt sur le revenu, sous conditions. Le bilan qui sert de base au vote est détaillé dans l’article sur un bilan de SARL chiffré et ses dates.
Ce qui les sépare, point par point
| Point | SARL | SAS |
|---|---|---|
| Associés | 1 (EURL) à 100 | 1 (SASU), sans maximum |
| Capital minimum | 1 € | 1 € |
| Apports en argent libérés à la création | 20 % au moins, le solde dans les 5 ans | 50 % au moins, le solde dans les 5 ans |
| Dirigeant | Un ou plusieurs gérants, personnes physiques | Un président, personne physique ou société |
| Statut social du dirigeant | Travailleur non salarié s’il est gérant majoritaire | Assimilé salarié |
| Statuts | Cadre largement fixé par la loi | Organisation libre, à écrire |
| Dividendes du dirigeant | Cotisations sociales au-delà du seuil de 10 % | Prélèvement forfaitaire de 31,4 %, sans cotisations |
| Cession des titres | Droits de 3 % après un abattement de 23 000 € | Droits de 0,1 % |
La responsabilité des associés est limitée à leurs apports dans les deux cas. Le reste tient en deux mots : la SARL arrive avec ses règles, la SAS avec une page blanche, que les statuts doivent remplir, clause par clause.
Le dirigeant : travailleur non salarié ou assimilé salarié
Le gérant majoritaire de SARL, celui qui détient avec son conjoint et ses enfants mineurs plus de la moitié des parts, relève de la protection sociale des indépendants. Ses cotisations pèsent moins lourd sur une même rémunération, avec une couverture plus réduite. Le gérant minoritaire ou égalitaire rémunéré, comme le président de SAS, est assimilé salarié : il cotise au régime général, retraite comprise, mais pas à l’assurance chômage.
Le statut du conjoint est une différence moins citée : en SARL, le conjoint qui travaille dans l’entreprise peut prendre le statut de conjoint collaborateur, que la SAS ne prévoit pas.
La vidéo ci-dessus, publiée en novembre 2025, compare les charges et la stratégie de rémunération selon le statut. Elle date d’avant la hausse de la flat tax : son taux de 30 % est devenu 31,4 % au 1er janvier 2026.
Les dividendes : le seuil de 10 % et le décalage de trésorerie
En SAS, le dividende du président supporte le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux, détaillés dans l’article sur la hausse de la flat tax à 31,4 %. La société le retient et le verse elle-même, avec la déclaration 2777, dans les 15 premiers jours du mois qui suit le versement.
En SARL, le gérant majoritaire paie des cotisations sociales sur la part de ses dividendes qui dépasse 10 % d’une base qui additionne le capital social, les primes d’émission et les sommes laissées en compte courant d’associé (code de la sécurité sociale, article L131-6). Sous ce seuil, le régime est celui de la SAS.
Exemple construit : capital de 5 000 €, compte courant de 15 000 €, soit un seuil de 2 000 €, et 20 000 € de dividendes votés le 30 juin pour l’associé dirigeant.
- En SAS, 6 280 € partent au Trésor avant le 15 juillet : 13 720 € encaissés, et rien d’autre à payer.
- En SARL, la société retient 31,4 % sur 2 000 € et 12,8 % sur les 18 000 € restants, soit 2 932 € : 17 068 € encaissés.
- Les cotisations sur ces 18 000 € ne sont pas encore payées : elles s’ajoutent au revenu d’activité de l’année, déclaré au printemps suivant, et la régularisation tombe ensuite.
Le chiffre encaissé en juillet n’est donc pas le chiffre net en SARL : l’écart arrive un an plus tard, sur un appel de cotisations.
Le compte courant relève le seuil tant que les sommes y restent. Un compte courant remboursé avant la distribution fait baisser le seuil de 10 %, et la part soumise à cotisations augmente d’autant.
Entrer, sortir : capital, associés, cession
À la création, la SARL demande moins d’argent immobilisé : 20 % des apports en numéraire suffisent, contre 50 % en SAS, le solde restant dû dans les 5 ans dans les deux cas. La SARL plafonne à 100 associés et soumet l’entrée d’un tiers à l’agrément des associés, fixé par la loi.
En SAS, les statuts choisissent leurs propres clauses d’agrément, de préemption ou d’actions de préférence, ce qui facilite l’arrivée d’investisseurs.
La sortie coûte plus en SARL : la cession de parts sociales supporte des droits d’enregistrement de 3 %, après un abattement de 23 000 €, contre 0,1 % pour la cession d’actions de SAS. Pour la totalité des parts vendue 100 000 €, les droits atteignent 2 310 € en SARL contre 100 € en SAS.
Choisir selon la rémunération visée
La forme se choisit d’abord sur la façon dont le dirigeant compte se payer :
- une rémunération régulière, peu ou pas de dividendes : la SARL et son gérant non salarié coûtent moins en cotisations ;
- des dividendes plutôt qu’un salaire, ou une rémunération nulle au départ : la SAS évite les cotisations sur les dividendes ;
- des associés à faire entrer, une levée de fonds ou une revente prévue : la SAS, pour la liberté des statuts et le coût de cession.
Quelle part de votre revenu de l’an prochain viendra des dividendes votés à l’assemblée ? C’est elle qui fait pencher la balance, plus que le taux d’impôt sur les sociétés, identique des deux côtés.
Le choix n’est pas définitif : une SARL peut devenir SAS, et l’inverse, par décision des associés, avec modification des statuts et annonce légale. La transformation d’une SARL en SAS demande l’unanimité des associés. Une simulation avec l’expert-comptable, sur vos chiffres, tranche mieux qu’un tableau.
Sources
- Entreprendre Service Public, « Impôt sur les sociétés (IS) : taux, déclaration, paiement » (F23575)
- Entreprendre Service Public, « Rémunération du dirigeant » (F36065) et « Fiscalité des dividendes » (F32963)
- Code de la sécurité sociale, article L131-6 ; code de commerce, article L223-26
- Loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, article 12
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